Je ne crois pas avoir suivi un lapin blanc, hystérique et pressé … mais je suis tombée très tôt dans un drôle de monde. L’imaginaire et la réalité s’imbriquaient et la maison familiale s’y prêtait. Caverne d’Alibaba, elle renfermait des trésors du sol au plafond, des placards aux greniers: fatras de robes, camisoles, lanternes magiques, plaques photographiques, peintures, dentelles, fils et boutons venus de merceries disparues. L’héritage des grands-mères ! Dans les pas de mes aïeux doués, et guidée par les doigts de fée de Poupy, j’ai tout essayé: tissage, couture, broderie, tricot, peinture, vitrail, macramé, vannerie, bijouterie fantaisie… Mes perles en plastique crépitaient et se mélangeaient sur les feux de la gazinière. J’obtenais des effets étonnants, ponctués par l’inclusion de strass ! Jubilatoire. Avec insouciance, je taillais dans les vieux timbres collectionnés depuis des générations. Découpés et emprisonnés à l’envers sous du verre ou des feuilles de plastique transparent, naissaient de délicates compositions florales …
Le rêve ! Un rêve qui se prolonge, aujourd’hui encore, dans ma peinture et mes créations. Je cherche !